Tout nous alerte, rien ne nous arrête.
Ne soyons pas catastrophistes, ce n'est pas la fin du monde qui nous attend. En revanche, il faut nous préparer à la fin d'un monde : celui de l'énergie fossile bon marché et de la consommation sans conséquence. Un monde s'achève, à nous de décider : attendre qu'il s'effondre, ou en construire un nouveau, plus équitable.
On nous demande de choisir entre le pouvoir d'achat et la planète. Et si l'on pouvait faire les deux ? C'est la proposition d'EQO : valoriser la sobriété et la simplicité. La loi est écrite, il ne lui manque que votre soutien.
Il y a une injustice si bien installée qu'on ne la voit plus. Celui qui possède un yacht, multiplie les vols privés ou change de smartphone chaque année ne paie presque rien pour le carbone qu'il rejette. La facture, on la règle tous — et de plus en plus directement.
On l'a vu avec les canicules. Quand le climat se dérègle, les dépenses s'ajoutent : la climatisation qu'il faut installer, l'électricité qui grimpe, l'eau, l'assurance, la santé. Les plus aisés se rafraîchiront derrière leurs fenêtres ; les autres encaisseront. Le dérèglement n'est pas qu'une affaire de planète : c'est, déjà, une affaire de fin de mois.
Aujourd'hui, l'excès des uns est payé par tous les autres. Le très gros consommateur règle le même prix du carbone que celui qui n'a pas le choix de sa voiture ou de son chauffage — c'est-à-dire presque rien. EQO renverse cette logique.
La nature souffre et l'iniquité croît ; les richesses naturelles fondent quand les richesses humaines se concentrent.
Notre monde ne connaît qu'une valeur : l'argent. Et l'argent récompense le faire — produire, vendre, posséder. Comme il appelle l'argent, il se concentre en quelques mains et prive tous les autres. Non par accident : par nature.
Mais chaque bien vendu fait couler deux flux : l'un d'argent, l'autre de carbone. L'un enrichit une minorité ; l'autre dérègle le climat de tous.
Et le climat frappera d'abord ceux qui l'ont le moins dérèglé. Ceux qui subissent le système aujourd'hui en paieront les conséquences demain. L'injustice est double.
À cette valeur unique, il faut un contrepoids : une valeur inverse, qui récompense non plus ce qu'on fait, mais ce dont on s'abstient. Non pour payer la sobriété — pour rendre le choix à ceux qui n'en ont pas.
Cette valeur, le carbone peut l'incarner. Et le climat, si longtemps une menace, devient l'occasion de l'instaurer. C'est tout EQO : donner enfin un prix à la retenue.
Chaque personne reçoit chaque année la même dotation carbone — un compte personnel, identique pour le plus modeste comme pour le plus fortuné. Dès lors, tout produit neuf et tout service affiche deux prix.
Qui vit simplement n'épuise pas son compte : il revend ce qui lui reste et touche de l'argent. Qui consomme à l'excès épuise le sien et doit en racheter, de plus en plus cher. Sans rien prendre à personne, l'argent circule automatiquement de ceux qui consomment le plus vers ceux qui consomment le moins.
Ce mouvement se compte en euros. Comme ce sont les plus aisés qui consomment — et donc polluent — le plus, le flux va des plus gros consommateurs vers les plus modestes : un vrai gain de pouvoir d'achat pour ceux qui en ont le plus besoin. La moitié des ménages, les moins émetteurs, y sont gagnants nets. Année après année, EQO resserre ainsi les écarts de richesse et fait reculer la précarité grandissante.
Et comme la dotation diminue un peu chaque année, le pays tout entier réduit son empreinte — sans interdiction, sans qu'on l'impose foyer par foyer, par le seul jeu de l'intérêt de chacun.
Le prix en EQO reflète tout le cycle de vie du produit, de l'extraction à la distribution. Conséquence : le greenwashing devient impossible — le vrai coût est affiché, et chacun le voit.
1 EQO = 100 g de CO₂e, une valeur qui ne change jamais. Le carbone d'une paire de chaussures neuve (~16 kg) ou d'un smartphone (~80 kg), invisible aujourd'hui, devient aussi lisible qu'un prix.
Chaque personne reçoit chaque année la même dotation carbone. Égale, du plus modeste au plus fortuné : c'est le moteur de la redistribution.
Un prix en euros, un prix en EQO. Qui consomme peu revend son surplus à un prix garanti par la loi et touche de l'argent.
La dotation baisse chaque année jusqu'à la cible compatible avec la neutralité. Le pays réduit son empreinte, sans l'imposer foyer par foyer.
Toute la force de cette redistribution tient à un déplacement : elle ne repose pas sur les revenus, mais sur l'usage qu'on en fait.
Elle prélève sur le revenu : plus on gagne, plus on est taxé. Au fond, elle met à contribution l'effort de produire, de travailler, de faire tourner l'économie.
Elle ne regarde pas ce que vous gagnez, mais votre empreinte. À revenu égal, celui qui vit sobrement y gagne, celui qui gaspille y contribue.
Voilà pourquoi elle est juste : elle ne sanctionne pas les efforts faits pour faire tourner l'économie — elle rémunère les efforts faits pour vivre plus simplement, plus authentiquement, plus localement. Réparer plutôt que jeter, acheter d'occasion, manger de saison, privilégier le proche : autant de choix qui, pour la première fois, rapportent.
Comme la TVA, EQO frappe la dépense — pas les entreprises, qui la répercutent sur le prix final : elles ne la supportent que sur leurs invendus. La différence tient en un mot : la TVA ne dépend que du prix ; EQO, du poids carbone. Et ça change tout.
Prenez deux achats au même prix. Un Paris–Rennes coûte une centaine d'euros, en train comme en avion : même prix, donc même TVA. En carbone, l'avion coûte pourtant 1 260 EQO contre 23 pour le train. Idem pour un kilo de tomates à 3,50 € : 1,5 EQO s'il est français et de saison, 20 hors saison. Le prix ne dit rien du carbone. EQO, si.
| Le même achat | Prix | En EQO |
|---|---|---|
| Un aller Paris–Rennes | ||
| En train TGV | ~100 € | 23 EQO |
| En avion | ~100 € | 1 260 EQO |
| 1 kg de tomates | ||
| Française, de saison | 3,50 € | 1,5 EQO |
| Hors saison, importée | 3,50 € | 20 EQO |
1 EQO = 100 g CO₂e. À prix — donc à TVA — égal, le coût en carbone varie du simple à plus de cinquante fois. Ordres de grandeur : ADEME (Base Carbone) et simulateur EQO.
Efficace sur le papier, mais c'est une forme de dictature. Personne n'en veut — et c'est heureux.
Bien trop lent. La conscience est là, mais entre savoir et agir, l'habitude et le manque d'alternative l'emportent.
Elle prélève sans rien rendre : elle frappe d'abord ceux qui n'ont pas le choix. On a vu la colère que cela provoque.
EQO n'est pas une lubie. L'idée d'attribuer à chacun une part de carbone égale et échangeable est née au milieu des années 1990, et d'éminents spécialistes l'ont étudiée, modélisée et défendue depuis.
En 2008, le gouvernement britannique a même commandé une étude de préfaisabilité. Elle concluait à l'absence d'obstacle technique insurmontable, mais jugeait le dispositif trop coûteux et « en avance sur son temps » — car il aurait fallu distribuer des cartes à puce à toute la population. C'est précisément ce qui a changé.
En vingt ans, le monde s'est doté de tout ce qui manquait : le paiement numérique est devenu universel, et l'intelligence artificielle permet aujourd'hui d'évaluer l'empreinte de millions de produits. Ce qui était prématuré en 2008 est devenu pleinement d'actualité.
Un impôt se vote, se rabote, s'aménage au gré des budgets et des pressions. Le prix de rachat des EQO, lui, n'est décidé par personne : c'est une simple division inscrite dans la loi. Aucun ministre, aucun lobby ne peut le détourner — une redistribution que nul ne peut confisquer.
La prochaine présidentielle s'annonce comme un défilé de candidatures sans projet. À cette agitation creuse, opposons une idée précise, chiffrée, écrite : une proposition de loi. Sa première force, c'est le nombre de gens qui la portent. Plus nous serons nombreux à la soutenir, plus elle s'imposera dans le débat — jusqu'à l'Assemblée, et pourquoi pas par la voie du référendum d'initiative partagée.
Replacer l'équité au cœur de l'écologie et de l'économie.